Etonnant Lavilliers ! Brillant voyageur, qui change encore une fois la donne. Dans ce vingtième-et-unième album studio, il envoie valser d’un coup de rein les rythmes chaloupés, au profit de guitares électriques, cordes, cuivres et percussions orchestrées en bouquets énergisants. Il y a une logique dans le déroulement de ces onze titres, que ferme L’Espoir et ouvre le cinglant La Gloire, poème écrit par Pierre Seghers en 1957 en pleine guerre d’Algérie et que Bernard Lavilliers a mis en musique avec Fred Pallem. Lavilliers et les poètes, c’est une histoire d’amour qui n’aura pas de fin. « J’ai trouvé ce texte dans un vieux livre, et en accord avec la famille, j’ai répété un quatrain. Le texte est fort ». Ce que décrit Seghers et que magnifie Lavilliers est un portrait de guerre d’une frappante actualité : « Broyeur de mort, lanceur de feu/Rôtisseur de petits villages/Mon bel envoyé du Bon Dieu/ Mon archange, mon enfant sage/Bardé de cuir casqué de fer/Fusilleur, honneur de la race ». Si Lavilliers fait évoluer les formes, la ligne de pensée demeure fidèle au Stéphanois contestataire et équilibriste surgi dans le paysage français des années 1970.

Après ce texte abrasif, Bernard Lavilliers allait-il nous laisser tranquille, à roupiller sur nos transats estivaux ? Sûrement pas. Le deuxième titre, Croisières méditerranéennes, exige que nous regardions le dessous des cartes. « Il y a quand même 20 000 morts au fond de la Méditerranée. Tu peux faire une croisière sur le Costa machin, mais au fond… », résume Bernard l’indocile.


Site : bernardlavilliers.com

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Heure de passage : 21h10